Cybersécurité des PME au Luxembourg : comprendre le risque ransomware
- Yvan BARNABAUX
- 17 déc. 2025
- 3 min de lecture
La cybersécurité n’est plus un sujet réservé aux grandes entreprises ou aux multinationales. En 2025, les PME luxembourgeoises sont clairement en première ligne face aux attaques informatiques, et en particulier face aux ransomwares, aujourd’hui parmi les menaces les plus coûteuses et les plus déstabilisantes pour les entreprises.
Un ransomware est un type de logiciel malveillant qui infecte les systèmes informatiques, se propage au sein du réseau de l’entreprise et chiffre les données. Les pirates tentent ensuite d’extorquer de l’argent à la société victime en échange d’une clé de déchiffrement, sans aucune garantie réelle de récupération.
Pourquoi une attaque ransomware est-elle si grave pour une PME ?
Parce qu’une entreprise qui n’a plus accès à ses données ne peut tout simplement plus fonctionner.
Concrètement, une attaque ransomware peut bloquer :
les outils de production
les systèmes de réservation ou de planification
la facturation
la paie
les applications métiers
les accès clients et fournisseurs
En résumé : tout s’arrête.
Et contrairement à certaines idées reçues, il ne s’agit pas d’un simple incident informatique temporaire. Les conséquences sont souvent longues, coûteuses et profondément déstabilisantes pour l’organisation.
Un cas concret rencontré au Luxembourg
Nous souhaitons être transparents. Notre objectif n’est pas de jouer sur la peur pour vendre de la cybersécurité, mais bien de faire de la prévention. Nous vous invitons d’ailleurs à refaire ces calculs vous-même, en fonction de la réalité de votre entreprise.
Prenons l’exemple d’une PME de 10 personnes, située au Luxembourg, qui génère un chiffre d’affaires annuel de 1 million d’euros.
Selon les données de l’ENISA (Agence européenne pour la cybersécurité), une entreprise victime d’un ransomware est impactée en moyenne pendant 26 jours.
En supposant que cette société travaille dans le secteur des services, sur une base de 220 jours ouvrés par an, cela représente un manque à gagner d’environ 4 500 € par jour.
Sur 26 jours, la perte de chiffre d’affaires atteint donc environ 120 000 €.
À cela s’ajoute un élément souvent sous-estimé : les salaires. Même à l’arrêt, l’entreprise doit continuer à payer ses employés. En prenant une estimation prudente de 90 000 € de coût employeur sur cette période, la facture globale monte à 210 000 €.
Pour une entreprise qui réalise 1 million d’euros de chiffre d’affaires, cela représente 21 % de l’année.
D’un point de vue purement théorique, on pourrait dire qu’il est possible de “ne rien faire” si l’on dégage 21 % de bénéfices nets chaque année. Dans la réalité entrepreneuriale, c’est rarement le cas. Et même si cette trésorerie existait, elle serait immédiatement absorbée par la crise, bloquant tout projet de développement, d’investissement ou de recrutement.

“Pourquoi ne pas simplement payer la rançon ?”
C’est une question que beaucoup d’entrepreneurs se posent, parfois sous la pression de l’urgence. En pratique, cette option est loin d’être une solution.
Premièrement, le montant de la rançon peut être tout aussi élevé, voire supérieur aux pertes estimées. Deuxièmement, rien ne garantit que les pirates fourniront réellement une clé fonctionnelle après paiement. Vous traitez avec des criminels, sans cadre légal, sans recours possible. Troisièmement, payer une rançon alimente directement des réseaux criminels impliqués dans des activités bien plus graves encore : extorsion, exploitation humaine, violences, pollution.
Il est également important de rappeler que certaines assurances et réglementations peuvent refuser toute prise en charge en cas de paiement.
Qui sont les cibles des ransomwares ?
La réponse est simple : tout le monde.
Contrairement à une idée reçue, les attaques ransomware ne sont pas toujours ciblées dans leur phase initiale. Les cybercriminels exploitent des failles de sécurité accessibles à distance, souvent de manière automatisée.
Les entreprises les plus touchées sont généralement celles :
dont les systèmes ne sont pas à jour
qui manquent de protections adaptées
qui n’ont pas de supervision ou de stratégie de sécurité claire
C’est un peu comme dans la nature : le prédateur s’attaque d’abord aux plus vulnérables. Dans le monde professionnel, les PME insuffisamment protégées deviennent des cibles faciles, non pas par manque de valeur, mais par manque de résistance - et pour cause, elles n'ont pas les moyens des grands groupes qui, cela dit en passant sont attaqués aussi.
Cybersécurité des PME : un enjeu stratégique
En 2025, la Cybersécurité des PME n’est plus un simple sujet technique. C’est un enjeu stratégique pour la continuité d’activité, la réputation et la pérennité des entreprises au Luxembourg.
La bonne nouvelle, c’est que le risque peut être fortement réduit grâce à :
une infrastructure informatique correctement sécurisée
des sauvegardes fiables et testées
une gestion rigoureuse des accès
une sensibilisation des collaborateurs
un accompagnement adapté à la réalité des PME
La cybersécurité n’est pas une question de peur, mais de préparation.
Ce n'est pas non plus la question de "Si" vous serez attaqués, mais "Quand".

